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Commandante Disco Cat

Journal de bord de la commandante, premières entrées.

10 mars 3303

J’ai eu bien des pseudonymes et des surnoms avant de décider d’en choisir un pour oublier le passé. Et j’ai hésité bien longtemps avant de démarrer ce journal de bord.

Mais commençons par le commencement, voulez-vous ?

Je m’appelle Catherine Dussey. 

Je suis née sur Moore, l’une des planètes du système de Liaedin, en 3271. 

Déjà à l’époque et encore aujourd’hui, cette planète a une gravité bien trop faible pour un développement correct des os de la colonne vertébrale, et comme tous les enfants qui grandissent en faible gravité, j’ai eu des injections de tout un tas de stimulants et différents cocktails d’hormones de croissance de qualité aux limites des normes galactiques.

J’ai toujours regardé vers le ciel, admiré ces vaisseaux qui allaient et venaient au spatioport, Kuiper’s Vision. Mes parents ne cessaient de me raconter le voyage qui les avaient amené ici, et je buvais leurs paroles à chaque fois. J’avais une belle vue depuis notre modeste appartement, dois-je préciser.

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Durant mon enfance je voyais très peu mes parents, car j’enchaînais les problèmes de santé à cause de la piètre qualité des traitements de faible gravité. Mais une occasion en or me fut offerte, j’étais alors âgée de 17 ans.

En effet, des officiels impériaux étaient en déplacement pour la visite annuelle, dont le Patron gérant à l’époque le système. J’étais descendue dans la mine pour apporter le casse croûte de mi-journée à mes parents, mais il y eut un accident. On n’a jamais eu les détails, certains parlaient de tentative d’assassinat, d’autres de simple effondrement de galerie comme il y en a régulièrement… Toujours est-il que sur le chemin je croisais ces riches impériaux, venus avec leurs enfants, quand la galerie au-dessus de nous se craquela. J’avertis les gardes de nos visiteurs mais le jeune garçon, resté en arrière, allait être écrasé par la roche si je ne faisais rien.

Je sprintai alors, lâchant le repas que j’avais en main, pour attraper le jeune noble et le tirer vers ses parents. Juste à temps semble-t-il car la voûte commença alors à s’effondrer. Je vis les gardes escorter la famille en sécurité mais je ne vis pas le petit bout de roche qui se détacha au dessus de moi, heurta mon crâne, m’assommant.

À mon réveil, nos visiteurs étaient là, de même que mes parents. J’étais restée inconsciente 2 jours entiers, mais mes jours n’étaient plus en danger. J’avais sauvé le jeune garçon et ses parents comptaient bien nous remercier, nous laissant le temps d’en discuter mes parents et moi.

Alors que je proposais que l’on quitte cette planète pour rejoindre un monde bien plus plaisant, comme l’une de ces planètes terraformées recouvertes de champs à perte de vue, mes parents avaient une autre idée : demander à ce que l’on paie mes soins, et me payer la formation me permettant peut-être de devenir membre de la fédération des pilotes, afin que je puisse quitter ce caillou et faire ce dont je leur ai si souvent parlé : voyager parmi les étoiles. Alors seulement, me dirent-ils, aurais-je le choix de notre destination, nous garantissant par là même de pouvoir repartir et d’avoir la liberté de choisir où vivre.

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Les jours passèrent, et rejoindre la fédération des pilotes, avec tout ce que cela sous-entendait, devenait une idée de plus en plus tentante… mais cela signifiait quitter la planète, rester longtemps loin de ma famille, pour suivre des formations intenses et surtout apprendre à piloter un vaisseau spatial !

Mes parents me firent promettre de gagner assez d’argent pour voyager en famille le temps de trouver un endroit, un monde, qui nous conviennent.

12 mars 3303

Continuons mon histoire si vous le voulez bien. Où en étais-je déjà ? Ah, oui, ma formation de pilote.

J’avais fini par céder à la tentation bien trop grande de devenir pilote, et 2 années passèrent, où j’échangeais régulièrement des messages avec mes parents tout en excellant dans les tests et examens jalonnant la formation.

Le jour où j’obtins la licence, ainsi que le vaisseau fourni à ses nouveaux membres par la fédération des pilotes, je mis quelques mois à mettre assez de crédits de côté pour pouvoir rejoindre Liaedin à nouveau, honorant ma promesse. Les messages de mes parents s’étaient raréfiés ces derniers mois, mais je ne m’étais pas inquiétée, car je voyageais beaucoup et l’on sait bien comment les communications depuis les colonies d’extraction minière étaient retardées pour prioriser l’émission des nouvelles de Galnet…

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Mais une fois posée au spatioport, alors que je rentrais chez mes parents, prête à les emmener loin d’ici, la nouvelle me brisait le coeur : leur santé s’était détériorée à cause du travail au fil des mois, et le peu de crédits que je leur envoyais ne suffisait pas à couvrir les frais. Ils n’en avaient plus pour longtemps. Ils ne m’avaient rien dit de peur que je ruine la carrière et la vie qui s’offraient à moi si j’étais revenue plus tôt.

Je vous passe ces quelques semaines à les assister quotidiennement. Cela était arrivé pendant mon absence, et la culpabilité que j’en ressentais était d’autant plus grande. Culpabilité qui se transforma en colère quand j’appris que pour de simples raisons de bénéfices à augmenter, le Patron avait augmenté la charge de travail de tous les ouvriers, sans aménager de pause, sans améliorer la qualité des soins fournis aux travailleurs. Mes parents restaient conscients de moins en moins longtemps, s’affaiblissaient davantage chaque jour. C’est mon père qui mourut en premier, et ma mère, sous le choc, vit son état se dégrader davantage encore, puis mourut elle aussi.

J’étais en rage autant qu’en pleurs, et un plan de vengeance commença à prendre forme dans ma tête. Le Patron me prenait pour une alliée, une pilote qu’il avait lui-même sponsorisée pour rejoindre la fédération des pilotes. Je n’allais rien tenter pour l’instant, mais à la première occasion de prendre les armes et d’abattre la navette amenant le Patron sur la planète, je savais que j’allais le tenter.

Ce qui finit par arriver quelques mois plus tard, alors que j’avais entre temps économisé suffisamment pour me payer un Cobra, nette amélioration par rapport au pot de yaourt dans lequel j’avais débuté ma carrière. Je fais partie de plus de l’escorte de la navette, avec un autre pilote en Viper. Une fois hors de portée de l’Anaconda en orbite, j’attaquais le Viper qui, pris par surprise, n’eut pas le temps d’opposer de résistance, puis j’enchaînais sur la navette qui tentait de revenir vers la sécurité de l’Anaconda.

Cependant, c’était sans compter sur ma meilleure acquisition : deux rails guns. Une fois que mes lasers firent plier le bouclier de la navette, je fis feu avec ces deux joujoux, et le vaisseau lâcha de l’air et du plasma. Une autre salve, tandis que je lacérais la coque avec les lasers, et un des tirs toucha le réacteur à fusion, l’épave s’arrêta. Ivre de rage, je continuais à tirer, réduisant ma cible en bouillis de métal en fusion d’où fuyaient air, cargaison, et ce qu’il restait des occupants.

Puis je vis des chasseurs venir dans ma direction, mais j’étais encore hors de portée, je chargeais mon moteur d’hypersaut après une passe avec l’Anaconda, ma vitesse supérieure me permettant de le distancer. Je n’allais plus jamais revenir.

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Des mois durant, je rejoins des opérations de la Fédération (non pas des pilotes, cette fois) pour assouvir ma vengeance envers l’Empire. Je laissais libre cours à ma colère et à ma culpabilité, même si peu importe le nombre de vaisseaux impériaux abattus, cela n’allait pas ramener mes parents. J’avais changé mon surnom de commandante, pour ne pas être retrouvée sous mon nom de naissance. Encore un des avantages de la fédération des pilotes : leurs membres ont accès à de nombreux privilèges, et le changement d’identité en était un. J’avais depuis peu un copilote félin appelé Poko, qui adorait poursuivre les lasers… Je lui avais acheté une lampe avec une boule à facettes qui renvoyaient des rais de lumière dans toutes les directions du compartiment de soute que je lui avais aménagé et il adorait ça…. Disco et Chat hmm ? Aussi ridicule qu’efficace pour cacher mon identité, ce fut donc mon choix.

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Avec le temps et le spectacle de l’espace, ma colère disparut. Ma rage aussi. Et je me rendais bien compte que tuer autant de pilotes laissait d’autres familles en pleurs, comme je l’ai moi-même été. Cela ne pouvait pas continuer.

Dès lors, il y a environ deux ans, je consacrais ma vie au transport de marchandise. C’était lucratif et ça n’amenait pas le malheur dans des familles. Au contraire, je m’enrichissais et décidais de donner régulièrement aux systèmes en famine, ainsi que de participer aux efforts de distribution de nourriture et de médicaments.

Je me consacrais aussi à l’exploration et au transport de passagers.

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Ma conscience s’apaisait, et j’étais enfin contente de celle que j’étais devenue. Certes, mon rang en combat à la fédération des pilotes resterait gravé, attestant de mon passé belliqueux, mais mes rangs d’Elite en marchandage, et de Ranger en exploration, montrait bien que j’avais changé depuis.

13 mars 3303

Sur cette troisième entrée de journal, il est temps de vous raconter brièvement ce qui s’est passé les mois suivants jusqu’à aujourd’hui.

Après une longue période en solitaire, bossant comme freelance partout où il y avait besoin de vendre des vivres et des médicaments, avec parfois l’occasionnelle contrebande d’alcools dans les systèmes où ce n’était pas permis, j’entendis parler de Colonia. Ce système près du centre de la galaxie était dans une nébuleuse où Jaques Station avait été retrouvée. Une nouvelle zone habitée par la civilisation humaine se formait là bas, loin de tout et surtout loin des superpuissances, de leurs manipulations et de leurs conflits.

Je décidais d’y aller, en décembre 3302. J’y rencontrais des gens de tout horizon, avec un but commun : l’entraide, une société sans conflits, les gens ici laissant leur passé 22 000 années-lumières en arrière. Je m’y sentais bien. C’est aussi avec ces gens que je continuais mes travaux d’exploration… Puis il y eut des signalements étranges vers les Pléiades. On parlait d’aliens. Aussi, je comptais rencontrer ces personnes appelées « ingénieur.e.s » pour effectuer des modifications sur les vaisseaux de ma flotte. Je fis donc un voyage retour, et allais droit vers les Pléiades. Et en effet cela valait la peine de faire le voyage.

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Aussi je fus de retour dans la bulle humaine pendant le mois de février 3303, rencontrant ces ingénieur.e.s, améliorant mes vaisseaux… Puis, j’entendis parler par mes contacts toujours à Colonia d’un groupe appelé La Guilde des Cartographes. Je me renseignais sur eux. Des explorateurs, scientifiques, curieux de nature, cherchant avant tout à découvrir, comprendre. Était-il temps pour moi de me poser et de rejoindre une faction ? Ils s’apprêtaient à partir à Colonia, où je comptais retourner sous peu. 

Je décidais de les contacter, et de les aider dans leurs chargements de vivres pour Colonia. Certain.e.s d’entre eux n’avaient jamais fait de voyages aussi loin de la bulle, et appréhendaient, d’autres étaient des explorateurs et exploratrices vétérans annonçant faire le voyage en moins de 6 heures !

Qu’est-ce que cela allait bien donner ?

Seul l’avenir nous le dira… et puis, mon copilote félin appréciera sûrement d’embêter d’autres bipèdes… D’ailleurs je l’entends réclamer ses croquettes, il est temps que j’éteigne ce terminal et que j’aille le nourrir.

CMDR Disco Cat, saisie terminée

Disco Cat

Après une enfance douloureuse et la perte de ses parents, Catherine Dussey avait besoin d'une nouvelle vie. Laissant son passé derrière elle, elle se consacre désormais au transport de marchandises vers les nouveaux systèmes colonisés pour aider à leur développement, ainsi qu'à l'exploration, en tant que Commandante Disco Cat.

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Cmdr. Hesefy

Je suis le Cmdr Lily Hesefy, née en 3277 sur la planète FANER du système Jotun. Elevée …

Un commentaire

  1. Kadima Kalgar

    Recit captivant Commandante, d’autant que votre petit compagnon félin et vous même semblaient promis à un bel avenir. Un point me chagrine toutefois quelque peu : non, le Sidewinder n’est pas un pot de yaourt. Mais bon, exceptionnellement, nous ferons avec pour cette fois à la condition exclusive d’avoir encore le plaisir de vous relire et d’entendre encore votre petit assistant nous parler dans votre micro de bord 😉

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